Non au retour de Vladimir Poutine

Les opposants russes ont manifesté pour la troisième fois depuis les élections législatives du 4 décembre dernier, remportées par le parti du premier ministre Vladimir Poutine, Russie Unie.

Alors qu’il neigeait et que la température atteignait les – 15 °C, l’appel à un troisième rassemblement anti-Poutine a été largement suivi par les opposants russes dans les rues de Moscou. Les autorités de police avancent le chiffre de 36 000 manifestants, tandis que les organisateurs de la marche d’opposition parlent de 120 000 personnes.

Le mouvement d’opposition gagne du poids.

À un mois des élections présidentielles, les observateurs tablent sur un retour de Vladimir Poutine au Kremlin [palais présidentiel, ndrl]. Pour autant, selon Frédéric Lavoie, journaliste indépendant installé à Moscou, ce mouvement d’opposition gagne de plus en plus de poids. «Après la première grande manifestation, le président Medvedev a annoncé des réformes du système politique, explique Frédéric Lavoie, joint par courriel par L’EXEMPLAIRE. Même si l’opposition doute qu’elles aient réellement un impact, elles sont tout de même la preuve que le régime a dû répondre à la rue et a été quelque peu effrayé par l’ampleur du mouvement.»

Aurélie Campana, professeure spécialiste de la Russie à l’Institut des Hautes études internationales (HEI) de l’Université Laval, note que ce mouvement n’est pas pour autant homogène dans ses revendications. «Il n’y a pas de revendications communes parce que ces manifestations rassemblent des mouvements qui sont très peu structurés, et quand ils le sont, ils sont très peu représentatifs, argue la chercheuse du HEI. Ce sont principalement des mouvements d’extrême gauche à qui on donne parfois en occident une place qu’ils n’ont pas réellement en Russie.»

Poutine n’est pas seul

Si les mouvements d’opposition sont de plus en plus voyants dans le paysage politique russe, ça ne veut dire que Vladimir Poutine n’a aucun soutien. Au contraire, une grande partie des Russes l’appuie, particulièrement ceux issus des campagnes. «Il y a bien sûr ceux qui profitent de son régime, les simples citoyens qui s’informent sur les chaînes étatiques, mais plus simplement, ceux qui préfèrent ne pas s’impliquer dans la politique et lui sont reconnaissants que le pays soit plus ou moins stable et que le niveau de vie augmente», explique Frédéric Lavoie.

De son côté, Aurélie Campana affirme que le premier ministre russe «est vu comme celui qui à ramener la stabilité aux niveaux socio-économique et politique. Et ensuite, beaucoup se disent: “si Poutine s’en va, par qui on va le remplacer?” Ce sont les craintes de l’avenir et du changement qui paralysent la Russie». Ainsi, les pro-Poutine étaient plus de 130 000 à manifester samedi dernier selon les forces de police. Chiffre qui semble être exagéré d’après des journalistes sur place.

Ce qui est sûr c’est que, d’après Aurélie Campana, Poutine n’a pas intérêt à utiliser la force pour réprimer le mouvement d’opposition au risque de «victimiser» les anti-Poutine. Le premier tour de la présidentielle aura lieu le 4 mars prochain.

L’Exemplaire numéro 2

Publié le 8 février 2012 dans L’Exemplaire.

Par Pierre-Louis Curabet, Québec.

Photo de Une : Courtoisie Wikimedia commons the Presidential Press Service


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