La route est encore longue

Primaires républicaines – Super Tuesday

 

Mardi 6 mars a eu lieu le Super Tuesday dans le cadre des primaires républicaines. L’événement connaît une couverture médiatique importante. Il n’est pas pour autant décisif.

Ils ne sont plus que quatre dans la course : Newt Gingrich, Ron Paul, Mitt Romney et Rick Santorum. Avant le 6 mars dernier, ces candidats avaient obtenu respectivement 29, 23, 180 et 90 délégués. Mitt Romney restait sur 3 victoires dans le Michigan, l’Arizona et à Washington. De son côté, Rick Santorum n’avait pas perdu trop de terrain en obtenant autant de délégués [15, ndlr] que son adversaire dans l’État du Michigan et 5 autres à Washington.

Médiatique, mais pas crucial

Lors du Super Tuesday, 11 États ont voté. Quatre cent soixante-six délégués étaient à prendre. Quels que soient les résultats, la course républicaine continuera. La raison : il faut 1 144 délégués pour être nommé candidat du parti à la présidentielle. «Même si le Super Tuesday est la journée où il va y avoir le plus de délégués qui vont être répartis, il ne sera absolument pas décisif d’un point de vue mathématique, affirme Rafael Jacob, spécialiste de la politique étasunienne à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM. Il restera des États extrêmement populeux comme le Texas, la Californie ou encore le New York.» Lors des primaires de ces 3 États, il y aura 155, 172 et 95 délégués distribués.

«Le jour du Super Tuesday, l’important c’est de voir quels États vont être remportés par quel candidat», remarque le chercheur de l’UQAM. Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts se doit de gagner les primaires de cet État ou sa campagne en prendra un coup. Même cas de figure pour Newt Gingrich en Géorgie, car il a été représentant du 6e district de cet État durant vingt ans. Il faudra aussi surveiller de près les résultats de l’Ohio. «Cet État joue habituellement un rôle décisif dans les élections présidentielles, affirme Rafael Jacob. Le meilleur exemple est celui de 2004 où l’Ohio, à lui seul, a décidé de l’élection de George Bush. Celui qui remportera cet État pourra dire qu’il est capable de l’emporter où c’est important de gagner.»

Scénarios alternatifs

En raison de cette course très serrée, on pourrait se rendre jusqu’à la Convention républicaine dans une situation incertaine. Ce qui est rarissime. «Les Conventions ne sont que de simples formalités ratificatoires [sic], note Louis Massicotte, professeur de science politique à l’Université Laval. Normalement la saison des primaires permet de dégager un vainqueur. La dernière Convention qui a été véritablement décisionnelle est celle des républicains en 1976 entre Reagan et Ford.»

Face à un tel scénario, Louis Massicotte pointe du doigt une autre possibilité dont on parle à demi-mot chez les républicains. «Plutôt qu’une guerre de tranchées lors de la Convention, qui rejaillirait très mal pour le parti, on essaiera de trouver un candidat qui réalise un consensus autour de sa personne». Le nom de Jeb Bush, frère du dernier président Bush, est souvent cité. «L’idée qu’ils vont pouvoir sortir un lapin de leur chapeau n’est pas réaliste, objecte Rafael Jacob. Et pour ce qui est de Jeb Bush, son nom est absolument toxique pour le parti républicain.»

L’Exemplaire numéro 6

Publié le 7 mars 2012 dans L’Exemplaire.

Par Pierre-Louis Curabet, Québec.

Photo de Une : Courtoisie Flickr BU Interactive News



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