L’incertitude Chávez

Spécial élections présidentielles 2012

La candidature du président vénézuélien Hugo Chávez est incertaine pour les prochaines présidentielles du 7 octobre prochain, en raison du cancer du chef de l’État.

Le Venezuela ira aux urnes pour élire son président le 7 octobre prochain, sans savoir encore si le bulletin «Chávez» sera disponible. Occupant du poste présidentiel depuis plus de 13 ans, Hugo Chávez est atteint d’un cancer dont on ne sait pas grand-chose, étant donné le peu d’informations qu’il laisse filtrer. Le 1er avril dernier, le président vénézuélien était de retour sur l’île de Cuba pour suivre des séances de radiothérapie. Hugo Chávez y avait déjà été opéré une première fois en juin 2011 et une deuxième fois à la mi-mars.

Baisse dans les sondages

Ces problèmes de santé ont un impact sur la popularité du président Chávez, comme le souligne Hugo Loiseau, professeur agrégé à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. «Cela crée beaucoup d’incertitude pour savoir s’il va ou non se présenter, s’il va être capable de finir son mandat s’il est élu, s’il va être capable de gouverner comme il l’a déjà fait […]. Du coup, dans les sondages, Hugo Chávez a baissé significativement, alors qu’il était donné gagnant avec 60% des suffrages avant sa première hospitalisation.»

Si Hugo Chávez devait déclarer forfait pour la course à la présidence, son parti, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), n’a pas de candidat aussi charismatique à présenter. «Hugo Chávez a réussi à créer une sorte d’oligarchie dans les hautes sphères du pouvoir, a affirmé Mathieu Arès, professeur-adjoint à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke. De plus, il y a des apparatchiks dans son parti qui pourraient prendre sa suite, mais je ne sais pas si ça sera suffisant, car ils sont tous moins flamboyants que lui.» Le retrait de Hugo Chávez laisserait alors la voie libre au candidat de l’opposition unifiée, le jeune quarantenaire, Henrique Capriles.

Impact d’un départ

Un départ du dirigeant marxiste aurait aussi une influence sur la scène internationale, car «le ton du Venezuela baissera sûrement», selon Mathieu Arès. Son collègue de l’Université de Sherbrooke, Hugo Loiseau vient confirmer ce sentiment. «À l’internationale, Hugo Chavez est un trublion. Il s’associe avec le président iranien Ahmadinejad, le colonel Khadafi, etc. Il fait tout pour déranger les États-Unis et l’ordre mondial. Son départ constituerait donc un retour à la normale du Venezuela sur la scène internationale.»

Mais, pour l’instant, il n’est pas question de départ, Hugo Chávez refusant catégoriquement cette éventualité. Il profite même de la situation pour incarner la «figure du soldat qui se bat jusqu’au bout», a remarqué Mathieu Arès.

L’Exemplaire numéro 11

Publié le 18 avril 2012 dans L’Exemplaire.

Par Pierre-Louis Curabet, Québec.

Note : Articles sur les élections présidentielles en France et aux États-Unis en page 9.

Photo de Une : Courtoisie Flickr El Mundo



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