En France, c’est toujours « pas de pied, pas de citoyenneté »


Courtoisie Flickr elaine.döpken


Les sénatrices Claire-Lise Campion (PS) et Isabelle Debré (UMP) ont rendu public, ce mercredi, leur rapport sur la loi « Handicap » de 2005. Des avancées sont à noter, mais la date butoir de 2015 ne sera pas respectée.

« Pas de pied, pas de citoyenneté ». Jean-Marie Barbier, président de l’association des paralysés de France (APF), le dit et le répète amèrement. Malheureusement, le rapport présenté par les deux sénatrices semble lui donner raison.

« Il y a encore beaucoup de choses à faire, même s’il y a un net progrès », affirme la sénatrice UMP Isabelle Debré. Sa collègue socialiste parle, elle, d’« un certain retard » par rapport à l’objectif de 2015, date à laquelle la loi devrait être respectée dans son ensemble. Leur rapport fait, entre autres, état d’« une inflation d’activité (des maisons départementales des personnes handicapées) qui se révèle préjudiciable à la qualité du service rendu ». À cela s’ajoute une « très forte disparité » sur le territoire.

De son côté, l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés pour tous les employeurs ayant vingt salariés ou plus n’a pas encore atteint l’objectif des 6 % de l’effectif total. Malgré des progrès, ce chiffre reste bloqué à 2,7 % dans le privé et 4,2 % dans le public. De plus, le taux de chômage chez les personnes handicapées représente le double de celui de l’ensemble de la population (20 % contre 10 %).

“Ne pas être jusqu’au-boutiste”

Au vu de ce tableau en demi-teinte, Isabelle Debré affirme qu’« il ne faut pas être jusqu’au boutiste. Il faut être intelligent et réaliste pour mieux vivre ensemble ». Ce discours ne passe pas très bien auprès du président de l’APF. « Si on continue à dire qu’il faut être pragmatique, c’est parce que l’on n’a pas fait les choses en temps et en heure, rétorque Jean-Marie Barbier. Il faut donner un coup d’accélérateur dans le domaine de l’accessibilité comme ça a été le cas au niveau scolaire pour que ce mouvement soit irréversible. »

Thierry Nouvel, directeur général de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), s’est dit, lui aussi, « navré » du non-respect de la date butoir de 2015, même s’il est conscient que le « contexte budgétaire n’est pas favorable ».

Parmi les propositions pour « impulser une nouvelle dynamique » à l’application de la loi de 2005, les deux sénatrices recommandent la création d’un « système de remontée d’informations obligatoires ». Thierry Nouvel les rejoint sur ce point, jugeant que « c’est une aberration qu’il n’existe pas d’outil statistique pour recenser les personnes handicapées ». Pour Jean-Marie Barbier, ce n’est pas primordial. « La priorité est de mettre en place une agence de l’accessibilité, car une agence agit alors qu’un observatoire observe, indique le président de l’APF. Un observatoire aurait dû être créé depuis des années déjà. » Reçu à l’Élysée vendredi prochain, Jean-Marie Barbier pourra faire part de ses attentes au nouveau gouvernement élu.

Article sur L’Humanité.fr 

Publié le 4 juillet 2012 sur le L’Humanité.fr

Par Pierre-Louis Curabet



'En France, c’est toujours « pas de pied, pas de citoyenneté »' have 2 comments

  1. July 6, 2012 @ 10:12 am Tactile

    En même temps : pas de bras pas de chocolat 😉
    Tu les trouve comment tes photos ?

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    • July 6, 2012 @ 11:18 am pierrelouiscurabet

      C’est aussi ce que le président de l’APF m’a dit. Pour les photos : Flickr et Wiki commons en libre service (cf. les courtoisies)

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