Rio-Paris : défaillances humaines… et techniques

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses a publié hier son rapport final sur le crash du vol AF447 qui avait coûté la vie à 228 personnes. Les erreurs techniques sont enfin reconnues.

Le rôle du facteur humain lors du crash de l’Airbus A330, le 1er juin 2009, était reconnu depuis longtemps par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA). Son ultime rapport, publié jeudi, est d’ailleurs accablant sur ce point. Il note «l’absence de diagnostic de la part de l’équipage de la situation de décrochage et, en conséquence, l’absence d’actions permettant de la récupérer». Me Jean-Pierre Bellecave, avocat des familles de victimes de l’association Entraide et Solidarité AF447, affirme que la compagnie française avait jugé «inutile» de se préparer à une manœuvre de rattrapage de décrochage sur cette ligne aérienne.

La nouveauté dans l’enquête du BEA est la reconnaissance du facteur technique dans ce crash. Jusqu’ici, Me Alain Jakubowicz, avocat des plaignants, joint par téléphone avant la publication du rapport du BEA, qualifiait ce bureau d’«organisation parapublique manquant totalement d’objectivité» car «trop excessive quant à la place du facteur humain lors du crash du vol AF447». Son collègue Me Bellecave vient l’appuyer : «Le couple homme-machine n’a pas fonctionné à cause de la machine, entre autres, à cause de la défaillance des sondes Pitot, de la perte d’indication sur la vitesse de l’appareil et du dysfonctionnement du pilote automatique. Dans ces conditions, tout pilote aurait agi» comme cela a été le cas lors du crash du 1er juin 2009.

Courtoisie Flickr Munch YYC

Le BEA se rapproche donc des conclusions des experts judiciaires, théoriquement à paraître le 10 juillet prochain, mais dont l’AFP a déjà révélé le contenu mercredi. Selon les experts, le décrochage de l’avion serait dû «à une trajectoire non maîtrisée alors que survenait la perte de données de pression totale du fait du givrage des sondes Pitot, accompagnée des alarmes et de la dégradation des systèmes associés». «Ces résultats sont logiques. Les familles sont assez satisfaites, même si nous attendons d’avoir un exemplaire du rapport en mains propres», indique Me Bellecave.

De son côté, Air France n’a pas souhaité faire de commentaires «tant que le texte n’est pas officiel». Dans un communiqué publié jeudi, Airbus a affirmé avoir «contribué sans relâche à l’enquête technique (du BEA) depuis le premier jour», mais s’est refusé à toute interprétation sur le rapport des experts judiciaires.

L’Humanité du 6 juillet 2012 en version pdf

Publié le 6 juillet 2012 dans L’Humanité.

Par Pierre-Louis Curabet, Paris.

Photo de Une : A330-Air-France_Flickr-Nek777



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