Un autre regard sur les drogues

La sénatrice (CRC) Laurence Cohen a présentée jeudi sa charte «Pour une autre politique des addictions». Objectif : privilégier la prévention et la réduction des risques à la répression.

La politique de répression du précédent gouvernement en matière de consommation de drogues est un échec. Les experts consultés par la sénatrice du Val-de-Marne sont unanimes. «C’est un problème de santé publique et non de sécurité», lance Jean-Michel Costes, ancien directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Selon Didier Touzeau, psychiatre du groupe hospitalier Pa-Guiraud, la politique de répression est «rassurante», mais elle n’a donné aucun résultat et «ampute le budget qui devrait être utilisé pour la prévention».

Courtoisie Flickr BNCTONY

La charte proposée par le groupe de travail dirigé par Laurence Cohen suggère «quatre piliers» pour «une nouvelle politique sur les drogues et les addictions» : la prévention, le soin, la réduction de l’offre de drogue et des problèmes liés aux trafics, et enfin la «réduction des risques et des dommages». Ce dernier point vise, entre autres, à la prise en charge des atteintes liées à la consommation de stupéfiants. Ainsi, la sénatrice communiste avance qu’il faut «changer de regard» car les «toxicomanes sont des personnes qui doivent être soignées» au lieu d’être incarcérées.

Par ailleurs, cette charte ouvre l’épineuse question de la dépénalisation des drogues. Le thème avait crispé le gouvernement Ayrault I lorsque Cécile Duflot, ministre du Logement, avait affirmé début juin que son parti, Europe Écologie-les Verts, était favorable à une telle mesure. Le candidat Hollande s’y était, lui, opposé pour des «raisons qui tiennent à la nécessité de l’interdit qui ne doit pas être affaibli». D’après Anne Coppel, présidente d’honneur de l’Association française de réduction des risques liés à l’usage de drogues (AFR), on peut décider «de maintenir un interdit, mais ça ne sert à rien d’envoyer les toxicomanes en prison». L’usage de produits stupéfiants peut être puni d’une peine maximale d’un an d’emprisonnement.

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Publié le 13 juillet dans L’Humanité.

Par Pierre-Louis Curabet, Paris.

Photo de Une : Bouche cannabis_Flickr Vaporizers



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