La boule lyonnaise : un vrai sport

 

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Les meilleurs spécialistes internationaux de la boule lyonnaise sont à La Baule pour les 6e Fêtes boulistes cette fin de semaine. Eclairage sur un sport peu connu.

« Systématiquement, on nous pose la question de la différence avec la pétanque. » Hervé Albaladejo, président de l’Union bouliste bauloise (UBB), n’en semble pas énervé pour autant. « Depuis 1982, la Fédération française de boules est devenue la Fédération française du Sport Boules (FFSB). Il y a une dimension sportive qui n’existe pas à la pétanque. La boule lyonnaise implique d’être à la fois adroit, endurant et technique. »

On est donc très loin de l’image d’Épinal du joueur de boules (de pétanque) qui se résume à un homme retraité, avec un bob sur la tête et un verre d’alcool anisé à la main. Le Sport boules (autre nom de la boule lyonnaise) demande, lui, d’être bien plus affûté que ce cliché.

« La boule lyonnaise a deux facettes, détaille Sébastien Grail, triple champion du monde en tir progressif. Un côté traditionnel et un côté sportif. » La traditionnelle ressemble de loin à la pétanque, mais avec des règles bien plus précises et complexes. La sportive comprend, elle, plusieurs épreuves (tir en relais, tir progressif et tir de précision) qui demande d’être un athlète aguerri.

« Notre sport est difficile à expliquer, car il y a beaucoup de disciplines, résume Guillaume Abelfo, recordman mondial de tir progressif en moins de 23 ans. J’essaie de montrer des vidéos à mes amis et je les emmène voir des compétitions pour qu’ils se rendent compte que c’est véritablement un sport. On a besoin de compétences physiques et psychologiques. »

Les boules lyonnaises sont presque deux fois plus lourdes que celles de pétanque, et sont aussi plus grosses. Le terrain, lui, mesure 12,5 à 19,5 mètres contre 6 à 10 mètres pour la pétanque.

Toutes ces différences font que les boulistes sont affiliés à deux fédérations bien distinctes : la FFSB pour les « Lyonnais » et la Fédération de pétanque et jeu provençal. Alors que l’on dénombre presque 300 000 pétanquistes licenciés en 2012, seulement 58 000 boulistes sont recensés à la FFSB (chiffres Insee). En Loire-Atlantique, on compte 422 pratiquants en 2014, dont 70 % sont recensés sur la presqu’île guérandaise.

« Notre grosse préoccupation est de recruter des jeunes, explique Jean-Yves Guihéneuf, président du Comité bouliste départemental 44. Il nous manque des boulodromes couverts. Pour l’instant, il y en a un à Nantes et un autre prévu au Pouliguen. » La concurrence des autres sports est aussi un élément explicatif des problèmes de recrutement. Ainsi, en 2004, la FF du Sport Boules comptait encore 160 500 licenciés, presque 3 fois plus qu’aujourd’hui.

6e Fêtes boulistes de La Baule

Alors que la compétition vétéran s’est tenue mercredi en petit comité, le boulodrome Georges-Angot (Place des Salines) de La Baule accueille, depuis vendredi, près de 300 compétiteurs et compétitrices venus de plusieurs régions.

Au programme, des activités de sensibilisation, des démonstrations d’épreuves sportives et des concours.

Pierre-Louis CURABET

Publié le 3 mai 2014 dans Ouest-France.



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