Nigeria : «Guerre totale» contre Boko Haram

Le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré jeudi la «guerre totale» au groupe islamiste Boko Haram.

M. Jonathan a ordonné une opération de grande envergure pour mettre fin à ce qu’il a qualifié d’impunité terroriste.

Dans un discours commémorant les 15 ans de la fin de la dictature militaire, M. Jonathan a qualifié de «méprisable» l’enlèvement de plus de deux cents écolières par le groupe islamiste Boko Haram.

Le président Jonathan a affirmé que la démocratie est en danger au Nigeria.

«Notre cher pays le Nigeria fait face à un nouveau défi. Une guerre a été déclenchée contre nous. Des éléments étrangers extrémistes, qui collaborent avec certains de nos concitoyens égarés, tentent de mettre à terre notre pays et la démocratie, ainsi que la liberté que nous chérissons, et que nous célébrons aujourd’hui.»

Joint par la BBC, Daniel Bach, directeur de recherche du CNRS au Centre Emile Durkheim à Bordeaux (France), a indiqué que l’intervention du président nigérian «n’apporte rien de nouveau».

«Le nord-est du pays est déjà sous état d’urgence depuis un an (14 mai 2013, ndlr). L’annonce du président Jonathan ne revient donc logiquement qu’à confirmer cela

 

La première dame des Etats-Unis, Michelle Obama, a pris cette photo pour appuyer le mouvement "Bring back our girls" qui manifeste pour la libération des écolières prises en otage par Boko Haram depuis le 14 avril dernier.

Michelle Obama, première dame des États-Unis, montre son soutien au mouvement “Bring back our girls”.

Un problème local ?

Par ailleurs, Goodluck Jonathan a réaffirmé que, selon lui, Boko Haram est lié à des organisations terroristes étrangères, comme Al-Qaïda.

Pour M. Bach, le problème soulevé par le groupe islamique «s’inscrit plus dans un contexte nigérian», même s’il reconnaît qu’il est en train de se régionaliser et s’internationaliser.

«La crise actuelle est en train de révéler toutes les limites et les dysfonctionnements du système politique nigérian mis en place à la fin des années 1990

Daniel Bach souligne qu’au Nigeria la gestion du pays est censée être consensuelle, «car fondée sur une redistribution des revenus du pétrole entre les 36 Etats et leurs élites

Or depuis les années 1960 – période où il n’y avait que 3 Etats -, la multiplication du nombre d’Etats s’est faite sur des bases géo-ethniques, ce qui a contribué à exacerber les tensions entre populations indigènes et non indigènes, selon le chercheur du CNRS.

Et de préciser : «Ce qui a pu faire la force du Nigeria en lui permettant de refaire l’unité du pays au lendemain de la guerre civile de 1967-70 est devenu une entrave à l’adoption de politiques en adéquation avec les attentes de la population. L’ethnicisation de la politique et  la politisation du fait religieux sont l’une des conséquences de ce système.»

Daniel Bach analyse aussi l’intervention du président nigérian comme une prise de position dans la course à la prochaine présidentielle. La date de l’élection est fixée au 14 février 2015.

Plus de 200 écolières avaient été enlevées par le groupe islamiste le 14 avril dernier à Chibok, dans le nord-est du Nigeria.

 Lien vers le site de la BBC AFrique : Nigeria: “Guerre totale”contre Boko Haram

Publié le 29 mai 2014.

 

Photo de Une : BringBackOurGirls truck_Courtoisie Domaine public VOA Medina Dauda

Photo dans le texte : First Lady of the USA_Courtoisie Domaine public Michelle Obama Office of the First Lady



'Nigeria : «Guerre totale» contre Boko Haram' have 1 comment

  1. November 6, 2014 @ 9:22 pm claire.castinel@laposte.net

    2 semaines avant l’enlèvement des 200 lycéennes, Boko Haram s’est introduit de nuit dans un lycée pour garçons et en a laissé plus d’une centaine pour morts (source CICR).
    #BringBackOurBoys ?

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