L’hypnose thérapeutique c’est du sérieux

ROUBAIX. L’hypnose spectacle fait le bonheur des chaînes télévisées. Les hypnotiseurs capables de nous manipuler multiplient les représentations. À Roubaix, il semblerait que cette surmédiatisation a eu un certain impact sur les praticiens de l’hypnose thérapeutique.

Rue de Lannoy, rez-de-chaussée. Dans le cabinet du psychothérapeute Didier Blond, on trouve un lit douillet et deux plaids orange et noir – « car l’organisme de la personne en état d’hypnose fonctionne au ralenti, et elle peut avoir un peu froid ». La lumière est tamisée dans cette pièce haute de plafond.

« Des gens me demandent d’utiliser spécifiquement l’hypnose pour régler leurs problèmes, raconte Didier Blond. Certains pensent qu’ils ne vont se souvenir de rien et qu’en une séance tous leurs soucis seront partis. Mais l’hypnose thérapeutique, ce n’est pas de la magie. Il y a des périodes de discussions avant et après, et l’hypnose n’est qu’un outil dans un travail thérapeutique plus global. »

Envolée la fascination que suscitent l’hypnose spectacle et les drôleries qu’effectuent les sujets sous influence. Pourtant, la médiatisation de ces hypnotiseurs – après Stars sous hypnose sur TF1 à l’été 2014, la chaîne privée W9 a lancé Hypnose, le grand jeu le 8 octobre dernier – a amené un nombre croissant de patients chez quelques-uns des praticiens roubaisiens de l’hypnose thérapeutique. Didier Blond note, lui, une augmentation de 30 % des demandes de thérapie par l’hypnose les six derniers mois.

L’HYPNOSE, UNE THÉRAPIE ENCADRÉE

Au cabinet « Aller de l’avant », le psychologue et psychothérapeute Alain Ducrotois constate également une hausse des appels au cours de cette année : « C’est vrai qu’il y a beaucoup de patients qui me demandent d’utiliser la technique hypnose, or ce n’est pas toujours pertinent. Il peut y avoir des contre-indications et ce n’est pas une méthode miracle. » Au moins deux à trois personnes l’appellent par mois en ce sens.

De son côté, la psychologue Geneviève Mouton-Akotia, installée sur la Grand-Rue de Roubaix, n’a pas remarqué d’augmentation du nombre de quémandeurs d’hypnose. Et de préciser : « Il arrive que des personnes souhaitent que j’utilise l’hypnose pour qu’ils arrêtent de fumer. Mais au final, c’est moi qui décide s’il faut ou non la pratiquer. »

« Avant l’hypnose faisait peur, et j’utilisais le terme de sophrologie pour ne pas effrayer les gens », explique Didier Blond qui a suivi des formations relatives à cette technique dès 2002. Précaution qu’il n’a plus à prendre aujourd’hui.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 25 octobre 2015, dans La Voix du Nord et Nord Éclair – Roubaix.

Article complet à télécharger en pdf ICI



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