Plastic Omnium : unis contre leurs conditions de travail

COMPIÈGNE. Cinq salariés de l’entreprise compiégnoise ont saisi les prud’hommes pour contester leur récente mise à pied et dénoncer le mauvais fonctionnement du site.

Ce mercredi matin, ils étaient une quarantaine de salariés de Plastic Omnium devant le Conseil des prud’hommes de Compiègne pour soutenir cinq de leurs collègues. Ces derniers ont été mis à pied en octobre dernier ; sanctions qu’ils contestent.

Petit retour en arrière : en juillet dernier, PSA (Citroën) retourne des réservoirs défaillants fabriqués chez Plastic Omnium. Résultat : six salariés, dont deux chefs d’équipe, (l’un d’entre eux n’a pas souhaité agir en justice) avaient écopé de deux à cinq jours de mise à pied. De plus, trois personnes au sein de la direction avaient été licenciées : le directeur du site-usine, le responsable qualité et la responsable logistique. Enfin, un technicien qualité est toujours visé par une procédure de licenciement.

Des décisions qui ne passent pas du tout au sein des salariés de l’entreprise : « Les sanctions qui ont été déterminées par la direction ne tiennent pas debout, s’insurge Yannick Rousseau, secrétaire du comité d’entreprise. Ils nous parlent d’un problème technique (ndlr : au niveau du clapet de sécurité du réservoir), mais les causes racines ne sont pas claires du tout. On ne comprend pas la situation et on ne peut pas laisser passer une chose pareille. »

Une enquête interne contestée

L’ensemble des salariés interrogés pointent du doigt l’investigation menée par l’entreprise concernant les réservoirs défectueux : « Cette enquête interne n’est pas contradictoire, car les salariés n’ont pas été informés de son contenu et ils n’ont pas eu voix au chapitre », explique Me Ali Hassani, l’avocat représentant des salariés.

Frédéric Grandière, délégué syndical FO chez Alphatec, site recherche et développement de Plastic Omnium, installé à Venette, abonde dans le même sens : « Ils n’ont aucune preuve dans leur investigation. Quand on leur demande de nous montrer leur enquête, ils sont incapables de nous dire qui l’a faite. Je veux bien reconnaître qu’il y a eu un gros problème, mais je veux qu’on nous montre des preuves. »

Au-delà du soutien à leurs collègues mis à pied, les salariés de l’entreprise remettent en cause la gestion des ressources humaines. Selon Yannick Rousseau, « l’entreprise fonctionne avec trop d’intérimaires. S’il n’y a pas de ressources supplémentaires au niveau de l’équipe de production, ce ne sera plus possible. On est arrivé à la limite d’un système ».

Jugement prévu en février 2016

En sus des 120 salariés, il y aurait une vingtaine d’intérimaires au sein de l’usine de Plastic Omnium. « On est obligé de redoubler de vigilance, constate Gilles Greugny, délégué syndical CGT. Les gens sont là pour avoir un job, mais ils n’ont pas les compétences. On doit les former sans arrêt. » Avant de conclure : « Il manque tout ce qu’il faut pour qu’une entreprise fonctionne bien. »

Un manque de main-d’oeuvre compétente qui remet en cause le bon fonctionnement de la chaîne de production : « Il y a plein d’opérations de contrôle qui étaient effectuées avant, qui ne le sont plus », affirme Frédéric Grandière.

Les salariés de l’usine prévoient donc de déclencher un droit d’alerte pour obtenir des réponses précises sur la situation économique de l’entreprise. Contactées à plusieurs reprises hier après-midi, les ressources humaines France de Plastic Omnium n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

L’audience de conciliation de ce mercredi n’ayant abouti à aucun accord, les deux parties ont jusqu’au 15 janvier pour constituer leur dossier et le Conseil des prud’hommes de Compiègne rendra son jugement le 29 février 2016.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 19 novembre 2015 dans Courrier Picard – Oise.

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