Les sciences sont pour tout le monde

Une vingtaine d’intervenantes a été accueillie, jeudi, au lycée Mireille-Grenet pour témoigner et montrer que les sciences, ce n’est pas que pour les garçons.

Dans le cadre de la 3e édition des Sciences de l’Ingénieur au féminin, qui vise à sensibiliser les jeunes collégiennes et lycéennes aux carrières scientifiques et technologiques, le lycée Mireille-Grenet a reçu 18 intervenantes pour l’occasion. Ingénieures, techniciennes ou élèves ingénieures, elles sont venues témoigner, hier, devant une centaine d’élèves de seconde. Rencontre avec trois d’entre elles.

  • ISABELLE KERMARREC, INGÉNIEURE INFORMATIQUE, SNCF RÉSEAU

La jeune femme de 26 ans a fait l’école Arts et Métiers, à Angers. « J’avais l’habitude de bricoler avec mon père dans le jardin, sur un tracteur. » Les parents de la jeune femme, dont la fibre manuelle est apparue très tôt, n’étaient pas dérangés par le fait que leur fille fasse des études scientifiques. Mais pour le reste de la famille, ça n’a pas été aussi simple. « On me disait que ce n’est pas pour les filles, on me demandait si c’était vraiment ce que je voulais faire », raconte-t-elle. Dans sa promotion de première année aux Arts et Métiers, Isabelle était l’une des 11 filles sur 168 étudiants. Aujourd’hui, pour celle qui est devenue ingénieure informatique à la SNCF, la donne a changé : « Dans ma chaîne hiérarchique, il n’y a qu’un homme. »

  • SUZANNE MATHIEUX, INGÉNIEURE CHIMISTE-MÉTALLURGISTE, RETRAITÉE

Pour Suzanne Mathieux, 76 ans, pas de problème du côté de sa famille. « J’ai une mère qui aurait aimé suivre des études. Elle me poussait à en faire. » Cette ingénieure retraitée a un très bon souvenir de ses passages en classe préparatoire et en école : « On (ndlr : les filles) était souvent minoritaire, mais il n’y avait aucun problème car on avait des profs supers. » Les problèmes sont arrivés lorsqu’elle est entrée dans le monde du travail. « Je n’avais aucune réponse positive, relate-t-elle. J’ai donc été professeure de physique-chimie pendant trois ans. » Elle sera ensuite embauchée par ArcelorMittal, où elle effectuera toute sa carrière. Et de lancer : « J’ai eu la chance d’avoir des patrons qui s’intéressaient au cerveau et pas au genre. »

  • MILÈNE SÉNÉ, ÉTUDIANTE EN DEUXIÈME ANNÉE À L’UTC

Bonne élève depuis toujours, Milène Séné est passée par un bac Scientifique. « Je n’ai jamais eu de remarque négative. Au contraire, la filière S est considérée comme la voie royale », avancet-elle. À l’Université de technologie de Compiègne (UTC), la jeune fille ne ressent aucun malaise : « On sait que les filles vont souvent plus vers la filière biologie, mais moi qui veut faire mécanique, je ne sens pas qu’il y a une barrière. »

Pierre-Louis Curabet

Publié le 28 novembre 2015 dans Courrier Picard – Oise.

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