Ils enchaînent les campagnes au pays de la betterave à sucre

L’entreprise sucrière Tereos, basée à Chevrières, emploie plus de soixante-dix saisonniers dans différents corps de métiers entre mi-septembre et mi-janvier.

Pour rentrer chez Tereos, on passe d’abord par le poste de garde, où Roland vous accueille une blague au coin des lèvres. « Le Courrier Picard est là. Je vous l’envoie ? Par pli recommandé ? » On échange sa carte d’identité contre un pass pour ouvrir le portillon de l’entrée principale.

Premier arrêt dans les bureaux au rez-de-chaussée du bâtiment administratif. Sandrine est agent de plaine. C’est sa huitième campagne – on ne parle pas de saison chez Tereos. Son travail consiste à superviser l’arrachage des betteraves sucrières et programmer la collecte de ces dernières auprès des agriculteurs.

« J’aime bien ce que je fais. C’est différent tout au long de l’année », lance-t-elle. Embauchée sur d’autres missions par Tereos, en dehors de la haute saison, Sandrine explique « qu’au début c’était particulier. Le contact avec les agriculteurs n’était pas forcément facile, mais maintenant ils me connaissent. »

Avant de rencontrer les autres saisonniers employés par Tereos de la mi-septembre à la mi-janvier, il faut d’abord enfiler sa tenue de sécurité : casque blanc, lunettes de protection, gilet jaune fluorescent et chaussures de protection. Fin prêt, il est l’heure de suivre notre guide Xavier Weiss, directeur technique du site de Chevrières.

Au milieu des hangars géants servant d’ateliers, d’un four à chaux et autres silos – dont un contenant 30 000 tonnes de sucres – on évolue dans des panaches de fumée dus à l’évaporation d’eau. Dans l’atelier de maintenance, Ludovic Dépret en est à sa troisième campagne. « C’est un coup de chance au début. Je ne suis pas mécanicien à la base. Je bricole un peu à la maison c’est tout, explique-t-il. Ça s’est bien passé la première année, et ils m’ont donc repris par la suite. »

Originaire de Compiègne, ce mécanicien saisonnier intervient sur tous les équipements de production du site. Ce qui n’est pas toujours de tout repos. « La première année, je devais monter une pompe à betterave (ndlr : qui pèse 2 tonnes) grâce à un pont roulant avant de la faire descendre dans une fosse. Je ne faisais pas le fier. »

Direction ensuite l’atelier de déshydratation. Ici, nous sommes en bout de chaîne de production. C’est ici que les pulpes – celluloses des betteraves récupérées à l’issu de l’extraction du sucre – sont transformées en granulés alimentaires animaliers. Aux commandes, Frédéric Pakonyk, 38 ans et déjà 16 campagnes à son actif. « Dans ma profession (ndlr : forain), la saison des manèges est de mars à septembre, ça colle donc bien avec la saison chez Tereos. » Si bien que deux autres forains travaillent en tant que saisonniers cette année.

Alors qu’il a débuté en lavant la cour, Frédéric affirme « qu’on [lui] a donné la chance de monter (les échelons) ». Il est aujourd’hui conducteur déshydratation et doit surveiller quatre moteurs de 350 ampères chacun, « alors que (son) manège tourne avec un moteur de 60 ampères. »

Nouveau panache de fumée au niveau du four à chaux, qui produit du lait de chaux pour épurer le jus sucré de betterave. On arrive dans l’antre de Mohammed Bétouche. C’est lui qui affûte les couteaux qui coupent les betteraves. Quinze campagnes derrière lui, Mohammed est toujours « content d’aller au boulot le matin ». Et de poursuivre : « On nous confie un travail et on nous fait confiance. Il y a de très bonnes relations humaines ici. »

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Pierre-Louis Curabet

Publié le 28 novembre 2015 dans Courrier Picard – Oise.

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