La fusion des clubs de football laonnois se dessine enfin

Alors que l’ASPTT et la FCL expriment leur réticence, la municipalité de Laon devrait acter de la future fusion des trois clubs de football laonnois d’ici janvier 2016.

« Chacun a ses égos, son vécu, son histoire. Nous, c’est un projet commun que l’on veut pour relancer le dynamisme sportif de la Ville. » Philippe Mozin, adjoint municipal aux sports, siffle la fin du match entre adhérents et opposants à la fusion des trois clubs de football de la ville.

« Ça fait six ans que ça dure, il arrive un moment où il faut prendre des décisions, complète l’élu. Il faut aller de l’avant. On va se réunir début janvier avec le maire et prendre une décision définitive avant de prévenir les clubs de notre orientation. » Même si deux clubs – l’ASPTT section Football et la Fraternelle des cheminots de Laon (FCL) – sont opposés au projet, la décision semble être prise. L’Union sportive laonnoise (USL) est, elle, favorable à cette fusion.

Chez les deux clubs récalcitrants, on a peur que la fusion éloigne le football des quartiers défavorisés de la ville. « Nous permettons à des gens de pratiquer le football quel que soit leur niveau, avance Claude Guillon, président de la FCL. C’est un club de quartier. On ne recherche pas l’élite, mais plutôt de créer des équipes de copains. » Appuyant sur le rôle social que joue le foot auprès des jeunes, le président de l’ASPTT Pierre Immery craint qu’« au lieu de venir aux entraînements les mercredis et les vendredis, les jeunes aillent détériorer les mobiliers urbains. Ils traîneront dans la rue si on ne les occupe pas ».

Diminution des subventions pour pousser à la fusion

Du côté de l’USL, on assure avoir le même souci d’intégration : « Moi aussi, j’ai des gamins de quartiers, lance Bruno Amici, président des rouges et blancs. On a le même souci de les prendre en charge. On a aussi une fonction sociale, de mixité et d’intégration ». Et d’ajouter : « La fusion est faisable si tout le monde est de bonne volonté. Il ne faut pas la faire contraint et forcé ». C’est pourtant ce qui risque d’arriver.

Pour répondre aux inquiétudes de l’ASPTT et de la FCL, l’adjoint aux sports Philippe Mozin affirme vouloir « créer un club central, et non pas que l’USL soit hégémonique en son sein. On veut qu’ils bâtissent un projet commun ». Selon l’élu, malgré la fusion, les équipes tous âges confondus continueront à jouer à leur niveau actuel et sur leurs terrains respectifs.

Pour accélérer le processus, Philippe Mozin reconnaît avoir informé l’ASPTT et la FCL d’une prochaine baisse des subventions municipales : « Avec le maire, on leur a dit que pour la saison 2016-2017, on envisage de diminuer les subventions de 50 %. Ça sera décidé en commission des sports début janvier ». Annuellement, ces dernières s’élèvent à 2 500 euros pour la FCL et à 23 800 euros pour l’ASPTT.

Alors que l’on se dirige donc doucement vers la fusion, le président de l’ASPTT « revendique le droit d’exister », tandis que son collègue de la FCL affirme qu’il « n’y a pas de motivation pour travailler dans le club fusionné ». À suivre.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 18 décembre 2015 dans L’Union de Reims.

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