Cher : Les causes des variations de population

Proximité d’une grande ville, faible imposition locale ou absence de bassin d’emploi expliqueraient les variations de population.

Les chiffres des populations légales de l’Insee sont l’occasion de jeter un œil aux villes et villages qui ont gagné ou perdu le plus d’habitants (en pourcentage). Revue d’effectif non exhaustive sur la période 2008-2013 et exploration des raisons qui expliquent ces fluctuations de population.

L’ATTRAIT DE BOURGES

Aux alentours de Bourges, les villes et villages se portent plutôt bien. « On a l’avantage d’être à côté d’une grande ville, tout en étant rural », lance Gérard Hélix, premier adjoint à Plaimpied-Givaudins, qui a connu une hausse de 11 % de sa population (+ 177 habitants).

La proximité d’une grande ville, et donc d’un bassin potentiel d’emploi, est un facteur qui peut expliquer la hausse de population d’un village. À Brécy, en raison de la proximité de la Laiterie Triballat et aussi de la base militaire d’Avord, un lotissement de 39 lots a vu le jour en 2010 dans le quartier de l’Ormée et un second d’une vingtaine de lots à la Source.

Seule la banlieue nord éloignée de Bourges est touchée par une baisse significative de population. Selon le maire de Morogues (12 %), Gérard Clavier, la perte de 56 habitants s’explique principalement par le vieillissement, et donc le décès, de ses administrés. Un problème de connexion haut débit jouerait aussi dans l’attrait du village. « Mais avec le nouveau recensement en 2016, on devrait remonter. Rien que l’an dernier, trois couples avec enfants se sont installés à Morogues. » Même constat à Aubinges (9 %) : les jeunes sont plus nombreux qu’avant.

IMPÔTS LOCAUX PLUS BAS QU’À VIERZON

Aux environs de Vierzon, les maires des communes qui ont connu une hausse de population mettent en avant les bas prix des terrains constructibles et les taux d’imposition locaux (habitation et foncier) inférieurs à ceux pratiqués à Vierzon.

Saint-Laurent a ainsi viabilisé des voies pour créer ou favoriser la construction de nouveaux logements (une trentaine de maisons depuis dix ans) et ainsi attirer de jeunes couples avec enfants.

Autre point qui peut expliquer la hausse de population : la présence de services de proximité. « La ville est attractive avec son école et ses commerces, énonce le maire de Méreau, Alain Mornay. On a même un cabinet d’infirmières depuis 23 ans et un médecin généraliste qui s’est installé en 2014. »

La perte de population à Graçay (6 %), le maire Jean-Pierre Charles, affirme qu’il s’agit d’un « microphénomène ». « Ce n’est pas inquiétant, constate l’élu. Il y a de moins en moins de résidences vides et nous avons deux projets de lotissement d’une douzaine de maisons chacun. » D’autant moins alarmant que l’école est passée de 70 élèves il y a vingt ans à quelque 125 aujourd’hui.

SAINT-AMANDOIS : MANQUE D’EMPLOIS

Au secrétariat de Serruelles, Corine Blondy-Meslier est ravie de l’augmentation de population (+ 23 %, soit 12 habitants). « Ça fait onze ans que je travaille ici. J’en ai vu, des maisons très abîmées, avant qu’elles soient retapées. » Une installation de jeunes couples avec enfants qui s’explique encore ici par des impôts locaux moindres.

Malgré une hausse de 20 % de la population de Bouzais, le maire est beaucoup moins enthousiaste. « Il y a eu la construction de deux lotissements, mais ça s’est calmé depuis, affirme Raymond Chalmet. Il n’y a plus d’activité dans le sud du Cher. Les jeunes partent. » Bernard Dumay, maire de Meillant (15 %), tire le même bilan : « Il n’y a plus d’industrie, il faut aller chercher du travail ailleurs. »

SANCERROIS, L’APPEL DE LA CAMPAGNE

Dans le Cher Nord, cadre bucolique et faible imposition semblent entre les mots magiques pour attirer des habitants. « Nous avons des taux d’imposition locaux plus faibles que les autres, et nous sommes à mi-chemin de Sancerre et de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), explique-t-on au secrétariat de Bannay (+ 11 %). Et puis, on a un beau cadre de vie avec vue sur le canal. »

Valérie Cotat, deuxième adjoint à Sancerre (12 %), constate effectivement que les « gens veulent habiter en dehors de Sancerre pour avoir une maison et être à la campagne. C’est dans l’évolution du temps. » Le vieillissement de la population expliquerait aussi cette perte d’habitants.

À Verdigny, trente personnes se sont installées entre 2008 et 2013 (+ 11 %). La raison de cette hausse : le vin ! « Il y a des jeunes viticulteurs qui veulent rester ici pour reprendre l’exploitation familiale et qui créent leur propre foyer », glisse Olivier Gaucheron, maire de la ville.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 15 janvier 2016 dans Le Berry Républicain.

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Photo de Une : “Crowd” de James Cridland



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