Poilu de la Marne : « On sensibilise les gens en les intéressant »

À 23 ans, Henri Desbordes est devenu président de la fameuse association du Poilu de la Marne. Rencontre avec un passionné.

Un président de 23 ans ! On ne parle pas de celui de la République, mais quand même. Il faut croire que l’association du Poilu de la Marne est novatrice, alors qu’elle fait revivre une période centenaire. Ainsi, Henri Desbordes, fils de viticulteur basé à Chavot-Courcourt, est président du Poilu de la Marne depuis mars dernier. Une lourde tâche quand on sait que l’association fait quelque 50 sorties annuelles. Pas de quoi effrayer le jeune homme.

« Depuis deux trois ans, je me suis beaucoup plus investi, explique-t-il. Il y a une sorte de pression, car on ne veut décevoir personne. Et puis tout seul, on n’est rien. » Le jeune président est catégorique : le groupe avant l’homme. S’il parle quand même de son parcours, il revient souvent à l’association qu’il décrit comme « une bande de potes ».

« On est une association qui est hétérogène, de 14 à 74 ans, issus de tous les milieux sociaux et de partout en France et de l’étranger », détaille le jeune passionné d’histoire du haut d’un tabouret. Et d’ajouter : « C’est ce qui fait notre force. Chacun à ses idées et apporte sa pierre à l’édifice. Et puis surtout, on est tous des passionnés ».

Transmettre l’histoire

Pour lui, la passion est venue vers huit ans. Comme son père Bernard, il a ce « besoin d’en savoir plus » : « On allait dans les brocantes, sur des lieux historiques pour faire des musées ». Puis le jeune garçon découvre Le poilu de la Marne dans les villages environnants et, en 2003, tire à blanc pour la première fois avec le canon de 75 mm de l’association.

L’adolescence passe par là, et la Première Guerre mondiale est laissée un peu de côté. Jusqu’à un article de L’Union tendu par sa grand-mère : « C’était un article où il parlait d’un bar à thème sur 14-18 à Mancy ». Il s’agit de La Madelon, restaurant tenu par Didier Blanchard qui n’est autre que le président du Poilu de la Marne. Le jeune Henri va presque en faire son QG et rencontre petit à petit tous les membres de l’association qui lui « transmettent la passion pour l’histoire de ces hommes, pour ce qu’ils ont subi, mais pas pour la guerre ».

Cette passion est intimement liée avec connaissances ; savoirs que l’association se fait un devoir de communiquer : « On sensibilise les gens en les intéressant. On leur montre quelque chose de vivant. Dans les écoles, tous les gamins sont scotchés, il n’y a pas un bruit ».

Quand on lui demande s’il n’est pas un geek de 14-18, il répond du tac au tac : « Ça ne m’empêche pas de mener ma vie comme une personne de mon âge. D’aller faire un barbecue chez des potes ou de sortir en boîte de nuit ».

Et puis, si Henri Desbordes était le seul jeune quand il a adhéré il y a presque dix ans, le Poilu de la Marne a depuis rajeuni : « Nous sommes 60 à 70 % de moins de 30 ans ».

Pierre-Louis Curabet

Publié le 5 juin 2016 dans L’Union de Reims.

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