La messe du champagne est dite

Les finales du 38e concours d’Épernay des champagnes du vignoble se sont tenues hier. L’union faisait partie d’un des jurys. Par ici la coupe.

Hier vendredi, les médailles ont plu sur les vins de Champagne lors du 38e concours d’Épernay des champagnes du vignoble. Après des pré-sélections, huit groupes de jurys se sont rassemblés pour délivrer les précieux sésames (lire journal pdf).

Jury numéro 23. L’union s’est invité à la table des goûteurs de millésimes. Alors petit un : je ne suis en rien un spécialiste des vins de Champagne, et petit deux : il faut bien l’avouer, je ne peux pas me vanter d’avoir un nez et un palais très développés.

« Il n’y a jamais de réflexion idiote. On n’a pas tous les mêmes palets, donc il est normal d’avoir des goûts différents. » Après cette affirmation de Bernard Lagille, vigneron à Treslon et président de mon jury, je me sens quand même mieux. Et je me dis que la matinée va être agréable.

Recracher, ce n’est pas tricher

Eh oui, la dégustation a commencé à 10 heures et demie ! Mais pas question d’avaler, il faut recracher. Sacrilège ! « Mais il faut le faire, sinon on perd en rationalité », affirme mon voisin Vincent. Certes, il faut garder nos papilles et notre discernement pour juger les douze vins millésimés qui nous sont proposés. Les bouteilles arrivent cachées dans des sacs. Seule l’année du Millésime et un numéro permettent d’identifier le vin. Un président est choisi parmi les cinq membres de notre jury – exclusivement masculin –, et on définit nos règles internes : dégustation des vins par année de millésime et petit tour de table après chaque dégustation annuelle.

Mais comment peut-on évaluer un vin sans connaissance ? « Il faut garder son instinct », glisse notre président. Mon voisin et un autre membre du jury ont divisé leur feuille en trois colonnes : couleur, odorat et goût. J’essaie de m’en inspirer. Je regarde, je sens, je goûte. Difficile de mettre des termes exacts sur tout cela. « Il ne faut pas chercher. Quand vous sentez quelque chose, il faut que vous ayez une image », tente de m’indiquer Bernard Lagille. Alors je tente : « bonne tenue en bouche », « bulles fines » et autres expressions qui donnent l’impression d’être un peu expert. Une fois les douze vins dégustés, je dois décerner six médailles (or ou argent). Je regarde les notes (sur 10) que j’ai mises, regoûte deux vins à égalité, et je délivre mon classement. Et là étonnement, quatre des vins que j’ai plébiscités l’ont aussi été par mes collègues.

Il semblerait donc que le bon champagne est l’affaire de tous, et passe outre les clivages d’expérience.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 25 juin 2016 dans L’Union d’Épernay.

Page du journal à télécharger ICI



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