« Aujourd’hui, on a besoin d’agir, pas d’être sceptique »

En marge du festival du film latin d’Épernay, le photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand sera ce jeudi à Épernay pour présenter son nouveau documentaire Human à 12 h 30 au théâtre Gabrielle-Doziat. Il participera ensuite à un débat.

Pourquoi venir à Épernay pour le festival du film latin d’Épernay ?

C’est un concours de circonstances. Je le fais par amitié. C’est le directeur du cinéma Mac Mahon à Paris qui m’en a parlé. Et comme j’ai un peu de mal à dire non!

Pouvez-vous faire un petit synopsis de votre nouveau film Human pour les spectateurs sparnaciens ?

C’est peut-être le plus important que j’ai réalisé. Ce n’est pas un film facile. Il reprend les questions que l’on devrait se poser tous les jours. Que je me pose. Qu’est-ce que le bonheur ? Pourquoi il y a des guerres ? Des réfugiés ? Je l’adore. Ça ne se dit, mais je l’aime. On a interrogé quelque 2 000 personnes grâce à la fondation Bettencourt Schueller. Sans elle, nous n’aurions pas pu faire ce film.

C’est donc un film politique ?

Quand on fait un métier comme le mien, on a la chance d’être vu par des milliers de personnes. Autant que ce soit utile. C’est important. C’est comme le métier de journaliste. Le monde est extrêmement difficile et tendu, on a donc besoin de croire en des valeurs d’empathie.

Le tournage de ce film vous a-til donné une recette pour mieux vivre ensemble ?

Écouter les autres. On devient toujours meilleur et moins con. On vit dans un monde du futile. Il faut un peu remettre les choses en place.

Êtes-vous sceptique quant à l’avenir de notre planète ?

Aujourd’hui, la solution viendra des femmes. En réalisant Human, je me suis rendu compte qu’elles ont des ambitions différentes des hommes. On a besoin de leurs qualités, de leur capacité à s’émouvoir. C’est la première fois que l’avenir est aussi incertain avec le réchauffement climatique, l’accroissement de la population, etc. On vit dans un monde de consommation à outrance. On a besoin de plus de bienveillance. Les efforts de chacun amortiront tout ça. Je sais que l’avenir sera difficile. Aujourd’hui, on a besoin d’agir, pas d’être sceptique.

Que pensez-vous alors de l’interdiction des sacs fins en plastique qui entre en vigueur le 1er juillet ?

Ce n’est pas grand-chose, mais c’est par de petits pas que l’on peut avancer. J’ai été quelqu’un qui critiquait, mais plus maintenant. Je suis pour les bonnes actions.

Propos recueillis par

Pierre-Louis Curabet

Publié le 30 juin 2016 dans L’Union d’Épernay.

Photo de Une : Yann Arthus-Bertrand  lors d’un tournage. © HUMAN The Movie

Page du journal à télécharger ICI



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