Gilbert Brugnon, motard jusqu’au bout des gants

Gilbert Brugnon est président du Moto-club d’Épernay depuis 1982. Rencontre avec ce passionné juste avant le 28e Défil’mania, cortège de motards du 9 juillet.

La peur. C’est la première sensation que Gilbert Brugnon a ressentie en montant sur une moto. « J’ai commencé en 1970 en tant que passager derrière un copain qui m’a donné un peu le virus, raconte le président du Moto-club d’Épernay. C’était une 750 Honda, une très grosse moto pour l’époque. Il faut savoir se positionner, ne pas faire d’erreur sinon on est par terre.» Cette peur, l’impression d’être sur un fil comme un funambule, ne va pas le stopper. Bien au contraire.

Deux ans plus tard, à peine âgé de 18 ans, le jeune Gilbert passe son permis: « Le 12 juin, je passais le permis, et le 13, j’avais ma moto ». Une 500 Honda, « fiable et très jolie », qu’il s’achète grâce à sa paie de chez Billecart-Salmon, maison de champagne basée à Mareuil-sur-Aÿ.

Quand certains choisissent la vitesse, lui est plutôt contemplatif: « Je n’ai jamais fait de compétition, ça n’a jamais été ma tasse de thé, explique le pilote sexagénaire. Moi, mon plaisir, c’était et c’est encore de découvrir des paysages sur route et dans les chemins ». Mais ce passionné de deux-roues avoue quand même: « Dans les années 70, la route était un peu notre compétition quotidienne, car il n’y avait pas encore de limitation de vitesse. C’était notre défouloir ».

Président par hasard

Entre-temps, Gilbert Brugnon entre aux caves de Möet et Chandon, où il travaillera pendant trente-huit ans: « À l’époque c’était le plein-emploi, je suis resté seulement quinze jours au chômage à l’hiver 1974 ». Malgré son travail et sa vie de famille bien garnie, le motard a la bougeotte et devient président du Moto-club d’Épernay en 1982. Un peu par hasard: « En 1981, au conseil d’administration du club, l’ancien président nous a dit qu’il ne se représentait pas. J’ai été le seul à dire Moi, je veux bien être président ».

Un vrai tournant pour le club qui passe de 80adhérents en 1982 à 376 l’année dernière. La cause? Une diversification des expériences proposées. Motocross, trial et autre enduro sont inexistants et le Moto-club sparnacien va peu à peu développer des sorties et des compétitions dans ces domaines.

Si Gilbert Brugnon est fier d’avoir organisé deux fois le Rally FIM, rendez-vous européen annuel qui a rassemblé près de 2400 motards à Épernay en 1999, un peu moins en 2013, il tire autant de satisfaction de l’organisation de petites compétitions: « Après une compét d’enduro ou de trial, beaucoup de pilotes viennent nous remercier. C’est des choses comme ça qui nous motive, nous les bénévoles ».

Motivé, Gilbert l’est. À tel point qu’il est devenu président de l’Office des sports d’Épernay Pays de Champagne en 2015. Sûrement au grand dam de sa femme qui trouve qu’il en fait un peu trop. « Moi aussi, glisse le double président. J’essaie de déléguer et je n’organise que ce qui me plaît. »

Quand on lui demande quand il s’arrêtera de piloter, il a une réponse déjà prévue: « Quand je n’arriverai plus à lever la jambe pour chevaucher ma moto ». Ce qui laisse encore un peu de temps à ce fan de l’Italien Valentino Rossi, pilote qui brille, lui, par sa longévité en compétition.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 2 juillet 2016 dans L’Union d’Épernay.

Page du journal à télécharger ICI



'Gilbert Brugnon, motard jusqu’au bout des gants' has no comments

Be the first to comment this post!

Leave a Reply

Old Paper by ThunderThemes.net