Mildiou sous surveillance étroite

Les attaques de mildiou n’ont jamais été aussi importantes depuis 1997. Le champignon a principalement touché le Sézannais, même si tous les vignerons restent vigilants.

On peut croire le Comité interprofessionnel du vin de Champagne quand il affirme que la situation est inquiétante (lire ci-contre). Interrogés, les vignerons des bassins sparnacien et sézannais connaissent des fortunes différentes concernant la présence de mildiou dans leurs vignes. «On voit qu’il est là, mais les attaques déclarées ne sont pas aussi importantes que dans d’autres secteurs», note Louis Cheval, propriétaire de la maison Gatinois à Aÿ.

Du côté de Cumières aussi, il semblerait que les vignes échappent aux attaques de la maladie: «On y échappe un peu, nous glisse-t-on à la maison de champagne Vaudin-Plateau. On a commencé à voir des taches, mais rien d’alarmant». Et de souffler un peu fataliste: «C’est compliqué cette année».

Avec cette «année compliquée niveau météo», Franck Vollereaux se dit «chanceux»: «Il y a une plus forte poussée que d’habitude, mais pour l’instant c’est très localisé et on arrive à contenir tout ça», constate le vigneron basé à Pierry.

Le Sézannais plus touché

À l’inverse, le Sézannais semble avoir été plus impacté par la météo capricieuse: «C’est maintenant sous contrôle, mais c’était préoccupant avec la pluie sans cesse, affirme Florent Collet, de la maison Pierre Collet à Fontaine-Denis. On fait une partie de nos vignes en culture raisonnée avec un traitement au cuivre, mais avec les pluies, c’est soit on bousillait nos vignes, soit on passait à un traitement conventionnel». Dans les quinze parcelles de Florent Collet, deux ou trois ont été touchées à 25% par le mildiou.

Dans le bassin sparnacien aussi, on a dû changer de traitement. Chez la maison de champagne Assailly-Leclerc, à Avize: «On préférait sauver nos vignes», déclare Vincent Assailly, qui a réussi à circonscrire les quelques taches apparues dans ses vignes.

Météo clémente souhaitée

En tout cas, tous connaissent les fautifs: la pluie et l’humidité ambiante, favorable au développement du champignon. «On espère que la pression va diminuer et que la météo va s’améliorer, témoigne Vincent Legras de la maison éponyme à Chouilly. Aujourd’hui (lundi), il était prévu qu’on n’est pas de pluie et finalement, on a eu une averse

Mais comme le dit Franck Vollereaux à Pierry: «Tant que ce n’est pas dans le pressoir, tout peut arriver». Les vignerons restent donc vigilants, d’autant que de nouvelles averses sont prévues début de semaine prochaine. En espérant arriver aux vendanges sans trop de dégâts.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 7 juillet 2016 dans L’Union d’Épernay.

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