Accueillir les malades d’Alzheimer pour soulager leurs proches à Pleurs

Ouverte depuis avril, la halte-répit pour les malades d’Alzheimer peine à se lancer alors même que la maladie se développe. Éclairage sur un syndrome parfois tabou.

PLEURS. Marie-Antoinette Geoffroy, responsable bénévole de la halte-répit de Pleurs, François Mercier, représentant départemental de l’association Familles rurales (FR), dont dépend la halte, et Christelle Fuchs, présidente de l’association locale des FR à Pleurs, font le point sur la création d’une halte-répit pleuriote, en avril dernier.

Qu’est-ce que une halte-répit ?

C’est un endroit où l’on accueille les malades d’Alzheimer et apparentées – déficience psychologique, perte de mémoire, etc – en partenariat avec le Clic (Centre local du Pays de Brie et Champagne, ndlr). C’est un besoin et cela permet aux aidants (les proches du malade, ndlr) de s’occuper un peu d’eux pendant une demi-journée. D’avoir justement un moment de répit. Il ne faut pas que les aidants aient l’impression d’abandonner leur proche malade en les laissant à la halte-répit.

Comment s’organise la halte-répit de Pleurs ?

Nous sommes trois bénévoles pour l’instant. Nous sommes ouverts depuis le 13 avril dernier, et nous accueillons les malades tous les mercredis de 14 heures à 17 heures dans la salle Volant, au 1 rue Baudoin.

Avez-vous eu beaucoup de personnes depuis avril ?

Une première personne est venue deux fois, mais elle angoissait et elle ne vient plus. Une seconde personne vient un peu quand elle veut même si je lui propose d’aller la chercher et de la ramener.

Pour se faire connaître, on va organiser une réunion d’information courant septembre à Pleurs, peut-être avec l’équipe spécialisée Alzheimer à domicile (ESAD). Le personnel de l’ESAD pourra peut-être pousser les malades qu’il traite vers la halte-répit.

Quelles activités proposez-vous aux malades ?

Au début, il y a un temps d’accueil et on fait remplir un questionnaire pour s’appuyer ensuite sur les goûts des malades, leurs centres d’intérêt. On leur suggère des jeux de mémoires : des puzzles, des dominos, des dames. D’autres préfèrent aller se promener, écouter de la musique, faire du jardinage. On fait selon leur habitude et leur envie. À 16 heures, on fait un goûter pour avoir un temps de discussion.

Y a-t-il beaucoup de personnes touchées par cette maladie ?

Rien que sur Pleurs, on en a plusieurs. On sait que c’est une maladie qui se développe. C’est pour cela qu’il faut qu’ils soient au courant de l’existence de la halte-répit.

Quels sont les symptômes de la maladie d’Alzheimer ?

Principalement la désorientation dans le temps et l’espace. La personne a du mal à trouver ses mots, elle ne se rappelle plus où elle habite. Parfois, elle peut oublier de s’habiller, de se laver. Le malade peut aussi changer d’attitude : alors que la personne était douce, elle se renferme de plus en plus sur elle. Et ça l’énerve de se voir comme ça.

Malheureusement, il est difficile de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer. Même pour un médecin généraliste, ce n’est pas forcément évident, car les mêmes symptômes peuvent provenir d’autres maladies ou tout simplement de la vieillesse. C’est pourquoi, les gens peuvent aller à la consultation mémoire et neuropsychologique à l’hôpital de Sézanne, assurée par les Docteurs Demba et Haddad (contact : 03 26 81 79 18, ndlr). Cela permet à la famille d’accepter la maladie de leur proche et de mettre des mots dessus.

Comment la maladie d’Alzheimer est-elle ressentie par les proches des malades ?

C’est très, très dur pour les aidants, que ce soit le conjoint et encore plus pour les enfants. Les malades ne sont plus eux-mêmes, c’est donc difficile psychologiquement pour la famille. Le malade peut être agressif et ne reconnaît plus forcément ses proches.

Propos recueillis par Pierre-Louis Curabet

Publié le 12 septembre 2016 dans L’Union – Épernay.



'Accueillir les malades d’Alzheimer pour soulager leurs proches à Pleurs' has no comments

Be the first to comment this post!

Leave a Reply

Old Paper by ThunderThemes.net