Chasseurs d’épaves cherchent remorqueur anglais bombardé en 1940

Depuis lundi, le club de plongée de Dunkerque est en pleine opération archéologique de prospection au large de Malo-les-Bains. Grâce à un magnétomètre, qui mesure l’intensité du champ magnétique, il espère trouver un remorqueur anglais et les deux barges qu’il tractait lors de l’Opération Dynamo.

Dunkerque. Quand on apprend que l’on va partir à la recherche d’épaves en face de Malo-les-Bains, on imagine déjà découvrir des trois-mâts en parfait état dont les ponts n’ont plus été foulés depuis l’époque de Barbe-bleue. La réalité est bien moins romanesque – quoique – et bien plus technique qu’un simple plongeon dans l’eau.

Depuis le début de la semaine, le club de plongée de Dunkerque a mobilisé d’importants moyens techniques pour tenter de localiser le remorqueur anglais Saint-Fagan et les deux barges en bois qu’il tirait durant la Seconde guerre mondiale. L’opération se déroule à bord du bateau du club.

«Nous avions peut-être repéré une des barges en 2006, lance Bruno Pruvost, l’un de ses membres, passionné d’épaves. Nous sommes remontés pensant la retrouver, mais le sonar n’était pas assez précis pour détecter ce monticule de bois et de ferraille qui ne mesurait qu’un mètre de haut

Dès lundi, grâce à du matériel de pointe, «trois points intéressants» ont été géolocalisés sur une carte. Comprendre : des sites où le remorqueur et les barges pourraient se trouver. On doit cette découverte au drôle d’engin qu’a ramené André Lorin, spécialiste reconnu dans le milieu: c’est lui qui a «codécouvert» l’épave de la fameuse Hermione dans les années 80.

Armé d’une sonde pour chasser les épaves

Le chasseur d’épave s’est armé de d’un magnétomètre de pointe, composé d’une sonde que l’on immerge. Pendant que notre embarcation quadrille une zone bien précise, au large de la plage de Malo, un câble de liaison permet de faire remonter les mesures du champ magnétique terrestre que la sonde enregistre (lire pdf du journal).

«Et maintenant, tout dépend d’un sacré animal qui s’appelle Windows», lance André Lorin, aidé par Bertrand Splingart, chercheur en électronique à l’Université du Littoral. La chasse au trésor se résume alors à observer un graphique sur un ordinateur.

Si un pic ou, encore mieux, une sinusoïde apparaît à l’écran, c’est gagné. «Ça y est, on a un site», lance André alors qu’une courbe se dessine. Sous nos pieds, une épave se cache sûrement. Mais la rencontre visuelle n’est pas pour tout de suite. «Il faudra refaire une demande auprès de la DRASSM (Direction des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) pour avoir l’autorisation de plonger», tempère Bruno Pruvost. Un processus long de plusieurs mois, avant de pouvoir enfin observer notre fameux remorqueur british.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 15 septembre 2016 dans La Voix du Nord – Dunkerque.

Photo de Une : Marc Demeure.

Page du journal à télécharger ICI



'Chasseurs d’épaves cherchent remorqueur anglais bombardé en 1940' has no comments

Be the first to comment this post!

Leave a Reply

Old Paper by ThunderThemes.net