À l’ère du numérique, comment font les villes qui n’ont pas de site Internet

Dans la région dunkerquoise, 22 communes sur 59 fonctionnent aujourd’hui sans site Internet. Entre le traditionnel bulletin municipal «papier» et les réseaux sociaux, ces villes sans site web ne sont pourtant pas sans ressources.

Dunkerquois. Quand on tape «Holque» sur un moteur de recherche, on tombe sur une page Wikipédia. Mais aucun site municipal à l’horizon: «On s’est posé la question il y a cinq, six ans, affirme Fabrice Lamiaux, maire de cette ville de 910 habitants. Ça coûtait assez cher à l’époque. J’ai su entre-temps, avec l’association des maires de France, qu’on pouvait avoir des aides, mais je n’ai pas la personne pour donner la dynamique à un site.»

Holque n’a donc pas de site web mais le maire a trouvé une méthode alternative qu’il recommande à ses pairs: les réseaux sociaux, et notamment Facebook. Un vecteur de communication également utilisé à Brouckerque (lire pdf du journal).

Le bulletin municipal toujours en bonne place

Outre les réseaux sociaux, la maire de Brouckerque, Marie-Claude Lermytte-Bavay, affirme avoir pas moins de six vecteurs de communication. Et tout ça sans aucun site Internet: «Notre choix a été de toucher les habitants par différents biais. Les personnes âgées par le papier, la génération intermédiaire par les SMS et Facebook, et les jeunes par Facebook. Ça prend déjà suffisamment de temps, car il faut pouvoir alimenter régulièrement ces canaux».

Si divers moyens d’information existent donc en dehors du site internet, beaucoup de maires font d’abord le choix de la tradition avec le bulletin municipal en version papier. Car tous les administrés ne sont pas passés à l’ère du 2.0. «On a décidé d’avoir cette démarche obligatoire de tirer un bulletin municipal et de le déposer dans les boîtes-aux-lettres depuis que je suis élu (en 2000, ndlr)», raconte Christian Delassus, maire de Ledringhem. Et d’ajouter: «Le bulletin, on le feuillette, alors que le site Internet, on n’y va pas forcément. Nous pensons que c’est plus parlant pour notre population, qui est rurale et plutôt âgée, et qui n’a pas forcément d’ordinateur

De nombreux maires expliquent aussi l’absence de site par le manque de personnel pour le faire vivre: «Je n’ai qu’une secrétaire, et même pas à plein temps, avance Christian Delassus. Mes élus, eux, travaillent tous, et n’ont pas forcément le temps de s’occuper d’un site. […] Si c’est pour avoir un site et ne rien mettre dedans, c’est inutile».

Et à l’ère où les flux d’informations s’accélèrent, certains maires s’interrogent même sur la pertinence d’avoir un site: «Tout le monde à Facebook maintenant, ils sont donc informés bien plus rapidement (par ce biais que par un site communal)», assure André Hennebert, maire de Craywick.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 16 septembre 2016 dans La Voix du Nord – Dunkerque.

Page du journal à télécharger ICI



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