Jeunes et pourtant maires, rares spécimens dans le Cambrésis

Des maires, le Cambrésis en possède plus d’une centaine. Mais les maires de moins de 40 ans se comptent sur les doigts d’une main. Nous avons rencontré trois des cinq plus jeunes pour comprendre pourquoi maire ne rime pas avec jeunesse et savoir s’ils sont bien traités par leurs aïeux.

CAMBRÉSIS. Pierre-Alain Taisne, maire de Ligny-en-Cambrésis, vous reçoit dans son bureau exigu le sourire jamais très loin et le franc-parler bien présent : « Avant d’être maire, je n’étais jamais allé à un conseil municipal. C’est le personnel de la mairie qui m’a formé aux démarches et au vocabulaire ».

Débutant, certes, mais Pierre-Alain Taisne fait le même constat que ses deux autres collègues interrogés : « Être jeune et maire, ce n’est pas le problème. Être actif et maire, c’est ça qui est compliqué », avance celui qui est agriculteur de profession.

« Moi je suis actif et je cours après le temps. C’est des semaines à 70 ou 80 heures », glisse Alexandre Basquin, premier édile d’Avesnes-les-Aubert et attaché parlementaire du sénateur Éric Bocquet. On l’aura compris, la fonction de maire est chronophage, d’où la difficulté d’allier carrière professionnelle et mandat municipal.

Alchimie entre jeunes et vieux

Une fois le cap franchi – « Ça bouleverse un peu la vie de famille », concède Karine Éloir, maire de La Groise–, quel avantage tire-t-on à être jeune en tant que maire? « Je pense que ça bouscule les habitudes d’une ville, on parle sans langue de bois et on sort des sentiers battus », avance Alexandre Basquin. Son collègue Pierre-Alain Taisne abonde : « Les collectivités sont tout le temps en évolution, il faut pouvoir se remettre en question et c’est plus facile quand on est jeune ».

Si les trois jeunes maires sont d’accord sur leurs atouts de jouvence, ils modèrent aussi leur propos : « Les plus âgés modèrent la fougue des jeunes. Les deux font en sorte qu’on trouve la solution idéale », souffle Karine Éloir. Et d’ajouter : « On ne m’a jamais reproché mon manque d’expérience. Après je suis une femme, en tant que maire, c’est plus difficile. Heureusement qu’à La Groise, il y a déjà eu une maire élue, car sinon les hommes restent très machos ».

Les jeunes élus peuvent donc compter sur leurs aînés et, si tous les trois concèdent une réelle fatigue de temps à autre, aucun n’a pensé à rendre son écharpe en deux ans de mandat : « J’adore, lance Pierre-Alain Taisne. C’est une belle expérience et je m’épanouis ».

Pierre-Louis Curabet

Publié le 28 octobre 2016 dans La Voix du Nord – Cambrai.

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