Je me suis fait humilier par un champion du monde de baby-foot

Créé en 2013, le Baby-foot avesnois (Cambrésis) est le seul club de football de table du Nord, et il compte dans ses rangs plusieurs champions du monde. Nous nous sommes rendus vendredi soir à leur entraînement pour savoir si nous avions l’étoffe d’un champion. Il y a encore du boulot…

AVESNES-LES-AUBERT. Bon, on va se le dire: j’ai cru que j’arriverais à faire illusion en me rendant au Baby-foot avesnois. Lointains souvenirs de parties de baby jouées au bar La Ninkasi, à Québec. Un militaire qui me payait des coups, trop content d’être resté une bonne partie de la soirée, fort de nombreuses victoires. Mais ça, c’était avant. Dans les bars. Le football de table, en club, c’est tout autre chose.

Oubliez l’interdiction de faire des râteaux (bouger une barre de droite à gauche pour empêcher la balle de passer) et des pissettes (type de tir au but). Et les tirs du demi ? Ils comptent comme un but. Et les jeux de bandes que j’affectionnais tant ? «Ça ne se fait pas vraiment, explique Frédéric Leducq. On va plutôt le long des bandes

En gros, j’avais TOUT à réapprendre. Même au niveau vestimentaire : «En compétition, l’arbitre peut vous interdire de jouer en jeans», me glisse le président. L’humiliation s’annonçait sanglante. Et pour devenir un champion du baby, pas de secret. «Les meilleurs jouent deux à trois heures par jour, assure Tonio Texeira, champion du monde en simple en 2007. On s’entraîne tout seul sur une table [de baby-foot, NDLR], on fait des jeux de passe du milieu vers l’avant, de l’arrière vers l’avant.» Et de conclure : «Si tu n’as pas de barre de cinq [les joueurs du milieu, NDLR], tu n’as rien». Ma sentence était tombée. Ma barre de cinq sera… fantôme.

Quatre fois plus rapide que dans les bars

Je ne suis pas venu pour m’entraîner tout seul – ça serait un peu comme jouer tout seul au ping-pong…–, et on se lance direct dans une partie en double. Enfin, à 2 contre 1. Et là, pour imager la chose, Tonio Teixeira était un tank et nous, des pâquerettes. L’un écrase les autres. Selon l’arbitre, il y avait bien une balle jaune sur la table, mais je l’ai rarement vue et encore moins touchée… «C’est quatre fois plus rapide que dans les bars», sourit l’ancien champion du monde.

Après avoir encaissé une vingtaine de buts, je suis enfin arrivé à passer une balle du milieu vers l’avant et à planter un but. Une belle raclée donc, mais moi, j’ai joué contre un champion du monde.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 6 novembre 2016 dans La Voix du Nord – Cambrai.

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