Du bœuf, de la volaille et du cochon en direct dans vos assiettes

Avec la vache folle et la baisse des prix de la viande, Nelly François a trouvé une solution pour survivre: vendre sa viande de limousine en direct aux consommateurs. Une pratique tendance aujourd’hui que l’agricultrice marconienne a mis en place depuis douze ans.

MARCOING. À bord d’une Renault Express, on traverse les champs de Nelly François. Sur le capot, un drapeau français peint par l’un de ses fils avant la finale du dernier Euro de football. À droite, du blé tout juste semé. à gauche de l’escourgeon, l’orge d’hiver.

Au bout du chemin, à cheval entre Marcoing et Masnières, les pâtures de l’agricultrice marconienne. Certains nomment ce coin de campagne, le Ranch, d’autres, la Bergerie. Pour Nelly, c’est « l’oriot », car il y a un petit ruisseau (un riot) qui, lors de fortes pluies, coule en bas de ses terres avant de se jeter dans l’Escaut.

C’est là, dans ce « boyau » vallonné – « car c’est fort long et étroit » – que l’agricultrice élève ses limousines. « Quand j’avais 18 ans, j’ai fait un stage équestre dans l’Yonne et j’ai vu pour la première fois un troupeau de limousines. J’aime leur forme, leur couleur. Des fois, elles sont un peu fofolles, un peu nerveuses, mais leur viande est excellente. »

« Il y a eu la vache folle. La viande ne se vendait plus très cher et on a demandé aux gens s’ils souhaitaient qu’on leur vende en direct. »

Nelly François est née à Marcoing, dans la ferme de ses parents. Depuis le début des années 2000, elle a repris, toute seule, l’affaire familiale. Et s’est lancée très rapidement dans la vente de viande en direct : « Il y a eu la vache folle, glisse Nelly François. La viande ne se vendait plus très cher et on a demandé aux gens s’ils souhaitaient qu’on leur vende en direct. »

Les consommateurs suivent car, avec Nelly, ils savent d’où viennent leur steak et leur faux-filet. L’agricultrice marconienne a alors investi dans une salle de découpe et a racheté un fourgon frigorifique pour en faire… une chambre froide. « Ça nous a soulagés dans certains moments difficiles, avance Nelly François. Mais heureusement qu’il y a le salaire de mon mari qui travaille à la mairie. »

Dans la cour de la ferme, la chienne Guess fait courir les poulets. De la volaille, bien musclée donc, qui peut aussi finir dans vos assiettes. Au milieu, deux dindons font les beaux avant de passer à la casserole pour les fêtes. Pour compléter son offre, Nelly François vend également du cochon : « Ils arrivent, ils font 30 kilos, et ils ressortent 5 mois plus tard à 110 kilos. » Et toute cette belle viande à de tout-petits prix.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 9 décembre 2016 dans La Voix du Nord – Cambrai.



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