Maurice Gaysset, mémoire de l’âge d’or de l’endive

Ribécourt-la-Tour, comme de nombreux coins du Cambrésis, était une terre d’endives.Tous les habitants ou presque cultivaient des chicons. Maurice Gaysset, négociant en endives des années 1970 à 1990, nous raconte cette tradition disparue.

RIBÉCOURT-LA-TOUR. « En 30 ans de temps, presque tous les endiviers ont disparu, lance Maurice Gaysset dans une des dépendances de sa maison à Ribécourt-la-Tour. Il y en avait au moins 35 à une époque. » Et on peut le croire Maurice, car il en connaît un rayon sur les endives. Alors qu’il était chauffeur routier dans la région de Grenoble pour la société Provence dauphiné, son entreprise lui propose à la fin des années 1970 de devenir négociant en endives dans la Somme, puis à Ribécourt-la-Tour.

« Tous les ouvriers de la verrerie de Masnières (usine BSN devenue Stölzle depuis 2014, NDLR) faisaient une ou deux couches d’endives en rentrant chez eux. Le forgeron à côté de chez moi avait aussi 1 hectare d’endives. » Des petits lopins de terre cultivés qui permettaient d’améliorer le quotidien. Maurice, lui, leur achetait leur production.

Acheter une voiture

L’ancien négociant raconte même que « dans les années 1960, en cultivant une couche, donc à peu près 800 kg d’endives, ça représentait environ 8000 francs et les gens achetaient une voiture ». Depuis, le prix des automobiles a grimpé et les particuliers qui cultivent des endives ont disparu.

Dans la cour de Maurice Gaysset, il reste tout de même les traces de cette époque : dans un coin une pompe à essence qui permettait de faire le plein des camions qui transportaient les plateaux d’endives ; pas loin, le quai où ils étaient chargés; et derrière, un entrepôt, où travaillaient ses saisonniers entre novembre et avril.

« Ils étaient 10 à 15 saisonniers, tous du village et surtout des femmes, glisse Maurice, cigarillo à la main. Il y avait toute une chaîne de travail où elles épluchaient les endives pour qu’elles soient belles, elles coupaient le cul, puis les endives étaient arrosées et séchées, avant d’être conditionnées dans des plateaux en bois. » Une époque, elle aussi disparue au début des années 1980, les agriculteurs se chargeant alors eux-mêmes de conditionner leurs endives.

Pierre-Louis Curabet

Publié le 23 décembre 2016 dans La Voix du Nord – Cambrai.



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