Ils font les marchés ensemble pour s’aider et animer les villages

C’est l’histoire de trois potes d’une vingtaine d’années, Antoine, Gabin et Charles, et ils se sont lancés dans la vente de produits alimentaires dans nos petits villages cambrésiens. De quoi insuffler un peu de vie à des centres-villes parfois moroses et un bon moyen pour s’entraider.

CAMBRÉSIS. « À la base, on ne s’est pas dit que l’on faisait un mouvement social, assure le primeur Antoine Carpentier. Mais en y réfléchissant, on se rend compte qu’il y a tout ce qu’il faut. » Des fruits et légumes donc, suivi d’un plat cuisiné par Gabin Sorriaux et pour finir un peu de fromage avec le petit nouveau Charles Gudowski.

Ils sont potes ou de la famille, et tous les trois font depuis cette semaine plusieurs marchés du Cambrésis ensemble. « On peut avoir la même clientèle, glisse le fromager Charles, à peine 21 ans. Les gens aiment venir prendre leurs produits au marché plutôt qu’en grande surface. »

Aider les personnes âgées

Et tous disent la même chose: travailler sur les places de villages, c’est aider les personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer. « Moi, je suis originaire de Valenciennes où il y a plus de transports en commun, raconte Charles. Alors qu’ici, ce n’est pas le cas: ça me tenait vraiment à cœur ce côté social. »

Et ce trio a saupoudré le social d’une touche de qualité et de local : « Ce qu’ils recherchent, c’est de bien manger », avance le cuistot Gabin, qui propose paella, petit salé (ou cassoulet) et tartiflette en cette période hivernale. Et avec ces trois-là, les clients ont trouvé à qui parler.

Pour Gabin, qui fait les marchés depuis l’âge de 14 ans, la cuisine itinérante s’est imposée à lui : « Je travaillais avec mon frère qui tient une rôtisserie sur les marchés. J’adore la cuisine, les odeurs…». Côté fromage, avec Charles, on a aussi affaire à un passionné : « Quand j’ai un petit creux, je ne grignote pas du chocolat, mais du fromage avec un bout de pain ».

Et pour Antoine, le primeur de la bande et le plus ancien (27 ans et cinq ans de métier), c’est une totale reconversion, lui qui travaillait dans le milieu des assurances. « Un jour, j’ai remplacé mes parents qui vendaient leurs endives… » Et aujourd’hui, il se voit bien « faire ça toute [sa] vie ».

Venir à trois permet donc d’animer les centres-villes parfois moroses, mais cela permet aussi de se serrer les coudes : « On s’aide pour déballer, remballer, sourit Gabin, le plus jeune des trois (20 ans). On s’attend toujours. C’est génial ».

Pierre-Louis Curabet

Publié le 27 décembre 2016 dans La Voix du Nord – Cambrai.



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